|
La Presqu'île de Giens
|
![]() |
|
Le symbole de l'activité saline était devenu quasi mythique pour les riverains. Une nostalgie qui fait place à l'optimisme depuis que le Conservatoire du littoral a racheté l'ensemble des salins hyérois. Au total, 900 ha répartis sur 2 sites. Les Pesquiers d'abord, où, entre mer et mer, 650 ha de marais ont été dessinés avec la rigueur d'un géomètre pour les besoins de l'industrie saline vers 1850. Formé de deux cordons littoraux parallèles, avec une zone centrale de marécages, ce double tombolo relie l'ancienne île de Giens au continent. Un site aussi remarquable qu'impressionnant, unique en France - il en existe cinq dans le monde - mais d'une grande fragilité. Plus à l'est, ancrés sur le littoral varois, les vieux salins dessinent une mosaïque de petites parcelles, exploitées pour la plupart depuis l'Antiquité. Ces paysages à la beauté lisse n'ont de tranquillité que l'apparence. La réalité est plus vive. Dans ces puzzles d'eau et de terre se niche une biodiversité exceptionnelle. Seul lieu de transit entre la Camargue et les réserves italiennes, les salins accueillent la majorité des oiseaux migrateurs. Hérons cendrés, flamants roses, faucons pèlerins ou les très protégés balbuzards pêcheurs s'y laissent admirer. Mais toujours à distance! |
|
|
Avec
un peu de chance, au détour d'un chemin, une famille de sangliers
s'arrêtera pour vous observer avec méfiance, avant de s'enfuir
dans les sous-bois tout proches. Sous-bois dans lesquels poussent une
multitude de plantes. Parfois rares comme les Barlias de Robert, Sérapias
à petites fleurs ou Ophrys
de Bertoloni, des orchidées qui, sur ces terrains protégés,
sont préservées de l'inconscience destructrice de l'homme.
Observer, contempler, sentir... mais dans le respect de la nature.
Une nécessité qui justifie que, pour l'heure, seuls les trois ouvriers saliniers, chargés de l'entretien des marais, peuvent admirer quotidiennement ces magnifiques paysages. Des visites encadrées sont en revanche régulièrement organisées par la Ligue pour la protection des oiseaux. Ces actions ponctuelles pourraient très prochainement devenir quotidiennes. Un comité de pilotage - qui réunit Conservatoire du littoral, Parc national de Port-Cros (gestionnaire du site), municipalité hyéroise et associations concernées étudie les solutions les mieux adaptées pour conserver un juste équilibre entre développement de la faune et de la flore et ouverture au public. Si la mémoire du sel est vouée à tenir une place importante dans ce projet -la création d'un musée du sel semblant maintenant acquise-, d'autres projets d'envergure devraient voir le jour. |
|